Le vautour : à la découverte de ce rapace méconnu

vautour qui fonce sur sa proie

Dans l’esprit collectif, les vautours sont des oiseaux de mauvais augure. À cela rien de surprenant puisqu’il s’agit de charognards, connus pour se repaître de leurs proies. Cependant, le vautour est un oiseau absolument incroyable qui possède de nombreuses particularités. Saviez-vous qu’ils peuvent empêcher certaines maladies de se développer et aider les éleveurs en effectuant un équarrissage naturel ? Plongez avec nous dans l’univers des rapaces et découvrez cet oiseau aux multiples facettes.

Où trouve-t-on les vautours ?

Les vautours sont des rapaces de grande taille. Ils peuvent mesurer jusqu’à 2,8 mètres de long et pèsent en moyenne autour de 9 kg. Les vautours peuvent vivre jusqu’à 40 ans en moyenne et vit dans des colonies où chaque couple élève un poussin en moyenne tous les deux ans. Ce grand rapace peut se trouver en France, dans les Pyrénées, dans les Alpes du Sud et dans les Grands Causses du Massif Central. Au total, plus de 1 500 couples reproducteurs ont été recensés en France métropolitaine. On l’aura deviné, la France n’est pas le pays possédant le plus de vautours. L’Espagne, par exemple, recense à elle seule 30 946 couples.

Si les vautours sont de véritables opportunistes qui se nourrissent en général de cadavres, ils peuvent parfois s’attaquer à du bétail blessé ou des femelles en difficulté après avoir mis bas. Ces situations sont cependant extrêmement anecdotiques, bien que relayées massivement pas les médias. À cause de ce type d’informations erronées, l’image du vautour est alors considérablement impactée. Alors, faut-il croire tout ce qu’on dit concernant ces rapaces ?

Les aptitudes particulières des vautours

Les vautours, tout comme les aigles ou les faucons, font partie de la catégorie des rapaces. Outre leur grande taille, les rapaces se caractérisent par leur régime alimentaire carnivore, leurs becs crochus, leurs serres redoutables, leurs pattes puissantes et leur vue extrêmement développée. Les vautours possèdent cependant des particularités qui leur sont propres :

  • Ils pratiquent le vol à voile, une technique permettant de monter et planer en altitude grâce aux différentes ascendances thermiques. Une pratique qui permet à de nombreux volatiles d’économiser considérablement leur énergie. Il faut savoir que les vautours peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres en l’espace d’une seule journée.
  • Les vautours se nourrissent par épisodes en collectivité puis pratiquent un jeûne prolongé se prolonger sur trois semaines.
  • Leur cou et leur bec sont adaptés pour arracher et dépecer les chairs de leurs proies. Leurs griffes sont cependant très faibles et ne permettent pas de saisir un animal au vol. C’est pourquoi les vautours doivent constamment atterrir pour pouvoir se nourrir.
  • Nous l’avons évoqué, les vautours possèdent une excellente vue. Ils repèrent très rapidement les carcasses et autres animaux mal en point à des kilomètres. Les vautours volent en groupe, mais peuvent se séparer pour chasser. Dès lors qu’un vautour arrête de planer pour foncer sur sa proie, ses congénères le rejoignent.
  • Les vautours possèdent un estomac très acide. Le pH, présent en grande quantité, permet de détruire les carcasses et stopper la propagation d’éventuelles maladies.

Vautours fauves, moines ou percnoptères : les différentes espèces de vautours

Les vautours sont tous nécrophages, ils se repaissent de carcasses et d’animaux morts ou sur le point de mourir. Malgré tout, chaque espèce de vautour opère selon son propre schéma alimentaire :

  • Les vautours fauves sont en général les premiers sur les lieux. Ils entament les cadavres par les orifices naturels grâce à leur bec crochu. Ils se nourriront ensuite de la chair et des viscères.
  • Les vautours moines arrivent généralement en deuxième sur les lieux. Cette espèce de vautours possède un cou plus court et plus emplumé. Leur bec, plus robuste que celui des vautours fauves, les aide à découper les carcasses et les pièces les plus tenaces telles que la peau, les tendons ou les cartilages.
  • Les vautours percnoptères sont les troisièmes à se rendre sur les lieux. Ils possèdent un bec très fin, idéal pour pouvoir entailler un animal dans son entier. Ils préfèrent passer après tout le monde pour racler les os, manger le contenu de la panse et les déjections de l’animal.
  • Le vautour Gypaète barbu est quant à lui un « casseur d’os ». La moelle osseuse est l’une de ses principales sources de nourriture.

Un équarrissage naturel

Les vautours produisent un équarrissage naturel. L’équarrissage est une pratique qui consiste à dépecer les carcasses de bétail qui ne peuvent pas être utilisées en boucherie pour pouvoir récupérer la peau, les os et les graisses de l’animal. Ils sont ensuite transformés en aliments pour bétails, en engrais ou en graisse industrielle pour les savonneries. Nécrophages et charognards, les vautours sont donc tous trouvés pour faciliter le travail des éleveurs lorsque le bétail est impropre à la consommation.

L’équarrissage naturel n’est cependant autorisé que par dérogation. En effet, la pratique est encadrée et doit respecter les règlements CE et UE. Il s’agit d’une alternative efficace et beaucoup moins coûteuse pour les éleveurs que l’équarrissage industriel. À noter que le vautour possède également la capacité à stopper les maladies que peuvent véhiculer les animaux morts ou mal en point. On dit en effet que les vautours sont des cul-de-sac épidémiologiques. Ils participent à l’assainissement des cultures.

L’impact des rapaces sur les élevages bovins et ovins

Au cours du 20ᵉ siècle, les vautours fauves se sont raréfiés. Leur retour depuis quelques années suscite énormément d’inquiétudes chez nos éleveurs qui ont une image très négative de ces rapaces. Les médias ne font rien pour arranger les choses en montrant au grand public des vautours dangereux, féroces et prédateurs. De nombreux éleveurs attendent désormais une action concrète de la part des services publics. Mais les vautours sont-ils réellement ce que l’on montre d’eux ?

Une expertise dans les Pyrénées montre que, sur 176 cas, 37 % des interventions ont lieu sur des animaux encore vivants. Cependant, le vautour n’a joué un rôle déterminant dans leur mort que dans 8 % des cas, ce qui représente 3 % des 176 cas recensés.  Les vautours se sont donc attaqués majoritairement aux animaux qui présentaient déjà des signes de faiblesse ou qui étaient en fin de vie. Ils ne sont donc pas des prédateurs actifs, comme certains éleveurs peuvent le penser. Au total, les vautours ne sortent de leur équarrissage naturel que dans le cas de 20 à 25 animaux par an.

La symbolique autour du vautour

Les vautours sont particulièrement mal vus par les populations, du fait de leur caractère nécrophage et de leur allure peu engageante. Dans l’esprit collectif, les vautours sont symbole :

  • de mort
  • d’intelligence
  • de vigilance
  • de protection
  • de régénération

Dans la mythologie égyptienne, le vautour est associé à Mout, une divinité portant sur la tête une dépouille de vautour. Mout symbolise la maternité et la protection. En ce qui concerne la régénération, le vautour contribue à stopper le développement de maladies pouvant provenir du bétail malade. En cela, il symbolise la régénération de la nature et la purification.

 

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